Quand la « folie » rime avec passion!

Cette semaine, j’ai eu l’idée de faire un parallèle avec mon article sur la masculinité toxique en discutant d’un sujet opposé à ce phénomène. En effet, pour continuer sur la même lignée que ma collègue Michèle Junius dans son dernier billet de blogue portant sur des femmes exemplaires, j’aborderai une publicité de la compagnie Nike diffusée lors de la 91e cérémonie des Oscars.

Quand le féminisme s’en mêle

Le 5 septembre 2018, Nike a fait la promotion d’une nouvelle campagne promotionnelle intitulée « Dream Crazy ». Cette annonce, narrée par Colin Kaepernick, avait comme but de défendre la poursuite passionnée de nos ambitions sans égard aux critiques et stigmas de la société. Le 24 février 2019, Nike a décidé de diffuser une nouvelle version de cette publicité, renommée « Dream Crazier ». Suivant la narration efficace par Serena Williams, celle-ci approche le sujet de la passion sportive d’un point de vue féministe, et je vous assure que le résultat est grandiose. D’ailleurs, je vous invite à écouter la publicité avant de poursuivre votre lecture en cliquant sur le titre ci-dessus.

Tout commence par une émotion

La prémisse de cette annonce porte sur la passion qui est souvent véhiculée dans un moment sportif émotionnel comme une défaite, un appel fautif d’un arbitre,  ou seulement une erreur technique. Toutefois, dans le cas d’une athlète, cette passion est étiquetée péjorativement comme étant un comportement se rapprochant de la folie et de l’hystérie. Cette catégorisation sexiste engendre une perte considérable de liberté émotionnelle aux femmes. À l’opposé, ces réactions sont toujours associées au sentiment d’intensité et à l’expression « avoir du coeur » chez les hommes. Devant ces faits, il est ironique de voir que cette passion génère une différente stigmatisation devant le sexe de l’athlète.

Miser sur la « folie» féminine

Par conséquent, Nike adresse cette ironie brillamment en mettant en contraste ces catégorisations sexistes avec les grands moments sportifs d’athlètes féminins tels que la participation controversée de Kathrine Switzer au marathon de Boston en 1967 ou le premier dunk effectué par une joueuse de basketball, Lise Leslie. En effet, pour reprendre les mots de Serena Williams, ces moments étaient fous et méritent d’enflammer la passion émotive dans le but de démontrer le pouvoir du fémininisme. Ce message, s’alliant étroitement avec la campagne #commeunefille d’Always, apporte une dimension percutante à l’acceptation de l’identité féminine dans la société et plus particulièrement dans le sport.

Ainsi, Nike a encore réussi à toucher juste avec une publicité percutante qui engage les prochaines générations d’athlètes de puiser dans cette folie passionnelle pour atteindre leurs ambitions. Les femmes méritent de se faire reconnaître pour leurs talents et de s’attendre aux mêmes réactions que celles attribuées aux hommes pour n’importe quelle action. Travaillons ensemble pour assurer un avenir prometteur pour les jeunes filles de notre société en leur montrant que la démonstration d’émotions n’est pas une barrière du progrès, mais bien le sain embrasement de la passion ressentie par une athlète. It’s only crazy until you do it!

A.

 

 

 

4 réflexions au sujet de « Quand la « folie » rime avec passion! »

  1. Magnifique article Alex ! Cette campagne de Nike est tellement inspirante et met en lumière des femmes oh combien exceptionnelles ! Ces clichés autour des femmes – des athlètes – auraient très bien pu se retrouver au dictionnaire des synonymes …

    Il est d’autant plus intéressant que cet article traitant de féminisme soit celui d’un point de vue masculin ! Tout en nuances ! Merci !

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  2. Bon Billet Alex. Je suis vraiment intrigué par la marathonienne qui se fait presque arrêter de courir dans la vidéo Dream Crazier. Ce n’est pas Kathrine Switzer, et encore moins durant le marathon de Boston en 1967. C’est vraisemblablement en Europe (en France ?) mais qui est-elle au juste ? Mystère…
    😉

    PL

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    1. Effectivement en regardant de nouveau le vidéo, j’ai confondu deux événements. Toutefois, Kathrine Switzer a bel et bien vécu des conséquences similaires. Je tenterais de vérifier qui elle est.

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  3. Merci Alex pour cet article intéressant sur les émotions dans le sport. On peut faire un parallèle avec le principe du « travail émotionnel ». Il s’agit d’un concept dénoncé par la sociologue Arlie Hochschild dans les années 80. Dans notre société, il est demandé aux femmes de sourire en tout temps et donc de n’exprimer que certaines émotions comme l’empathie ou l’humilité par exemple. En contrepartie, et comme expliqué dans ton article, la colère, la frustration ou la passion sont étiquetées comme de l’hystérie ou de la folie.

    Ses attentes ne sont pas sans conséquence pour les femmes. Lili Boisvert et Judith Lussier ont d’ailleurs expliqué se phénomène dans la capsule « Souriez! Le travail émotionnel des femmes ». Il reste encore du chemin à parcourir mais grâce à Nike, nous avançons dans la bonne direction.

    Lien pour visionner « Souriez! Le travail émotionnel des femmes », extrait de l’émission Les brutes: http://lesbrutes.telequebec.tv/capsule/35311

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